Bigorexie ou dysmorphie musculaire – L’addiction au sport

Au sommaire
  1. La dysmorphie musculaire
  2. Les principales caractéristiques de la bigorexie
  3. La bigorexie et le miroir
  4. Diète et bigorexie
  5. Bigorexie et la comparaison du corps
  6. Dysmorphie musculaire et drogues
  7. Bigorexie et graisse corporelle
  8. Facteurs psychologiques et bigorexie
  9. Traitement de la bigorexie

Si vous êtes constamment préoccupé par votre développement musculaire il se pourrait que vous souffriez d’une perturbation de l’image corporelle (dysmorphie corporelle), similaire à l’anorexie. La bigorexie (dysmorphie musculaire) touche désormais des centaines de milliers d’hommes et dans une moindre mesure de femmes.

Pour certains hommes, le développement musculaire est une préoccupation tellement absorbante qu’ils préfèreront rater des événements importants, continuer leur entraînement malgré les douleurs, voir même en ayant des os brisés, et même perdre leur emploi plutôt que d’interrompre leur programme de musculation et de prise de masse. Ils sont donc accrocs au sport.

La dysmorphie musculaire

La dysmorphophobie ou dysmorphobie est la crainte obsédante d’être laid ou malformé. La dysmorphie corporelle est différente car, dans ce cas, l’individu est persuadé d’avoir un problème.

Le terme « dysmorphie musculaire » a été inventé en 1997 pour décrire cette nouvelle forme de maladie. D’autres personnes parlent d’’anorexie inversée’, ou plus couramment encore de ‘bigorexie’. Les causes ne sont pas connues, mais deux raisons sont fréquemment mises en avant. Selon la première, la bigorexie serait une forme de comportement compulsif obsessionnel. La seconde idée est que la dysmorphie musculaire serait la conséquence des médias et de la publicité, qui créeraient chez les hommes un besoin de se conformer à une silhouette physique idéale, comme cela est déjà le cas depuis des années pour les femmes. Quoi qu’il en soit, cette pression aurait des effets similaires à ceux d’un comportement compulsif obsessionnel.

Les principales caractéristiques de la bigorexie

La principale caractéristique de la bigorexie est l’idée selon laquelle peu importe les efforts entrepris et le développement musculaire atteint, ce n’est jamais assez. D’où l’obsession que ces personnes développent pour le sport et leur routine d’activités physique. La maladie est plus fréquente chez les hommes, bien que certaines femmes culturistes aient également été diagnostiquées comme ayant des symptômes similaires.

L’addiction au sport est fréquente chez les sportifs d’endurance, mais la plupart des hommes atteints de bigorexie sont des haltérophiles. Cela ne signifie pas pour autant que la plupart des culturistes sont bigorexiques. Comparé aux haltérophiles ‘normaux’ qui déclarent passer jusqu’à 40 minutes par jour à réfléchir au développement de leur corps, les personnes bigorexiques déclarent penser à leur physique 5 heures ou plus par jour, et estiment que leur corps est musculairement sous-développé.
L’addiction au sport est également fréquente chez les sportifs d’endurance,

De nombreux spécialistes estiment qu’avec l’augmentation de l’offre des salles de gym et de leurs fréquentations, la conscience des imperfections physiques de son corps augmente chez les individus et, avec elle, la quête pour obtenir le corps parfait. Selon les estimations conservatrices, la bigorexie toucherait des centaines de milliers d’hommes.

La bigorexie et le miroir

Les hommes bigorexiques étudient les détails de leur corps dans un miroir jusqu’à 12 fois par jour. Comparez cela avec environ 3 fois par jour pour les autres haltérophiles.

Diète et bigorexie

Les régimes très restrictifs sont importants. Les bigorexiques mangent rarement à l’extérieur, chez leurs amis ou au restaurant, parce qu’ils sont alors dans l’incapacité de contrôler leur régime alimentaire, de savoir exactement quels aliments ont servis à la préparation des repas, et donc maintenir l’équilibre alimentaire désiré. Chez certains individus, cela peut à terme conduire au développement de troubles alimentaire tel que la boulimie.

Bigorexie et la comparaison du corps

Les hommes bigorexiques comparent constamment leur physique avec celui des autres hommes. Et invariablement leurs perceptions sont incorrectes. Même lorsqu’ils se comparent à des hommes ayant une musculature similaire, ils se jugeront plus petits, moins musclé.

Dysmorphie musculaire et drogues

L’utilisation de stéroïdes anabolisants est courante chez les bigorexiques. Les hommes continuent d’utiliser des stéroïdes malgré les effets secondaires, tels que l’agressivité accrue, l’acné, le développement de seins (chez les hommes), l’impuissance, la calvitie ou encore le rétrécissement des testicules.

Bigorexie et graisse corporelle

Les sportifs atteints de bigorexie s’inquiètent généralement de leur pourcentage de masse grasse corporelle plutôt que de savoir s’ils sont en surpoids.

Facteurs psychologiques et bigorexie

Contrairement à beaucoup de bodybuilders qui aiment les occasions de montrer leur physique en public, les bigorexiques ne le font pas. Nombre d’entre eux se cachent pendant des jours car ils se sentent honteux de leur apparence physique. Des recherches entreprises par Pope et d’autres en 2000 ont révélé qu’un homme évitait de faire l’amour avec sa femme par peur d’utiliser de l’énergie dont il pourrait avoir besoin durant ses séances de musculation.

Habituellement, les hommes atteints de dysmorphie corporelle ont une faible estime de soi. Un certain nombre d’entre eux avouent avoir été la cible de brimades sur leur apparence physique lorsqu’ils étaient à l’école, les conduisant à mettre un point d’honneur sur le fait d’avoir un corps parfait.

Cependant, le mieux étant l’ennemie du bien, cette tentative de rattrapage n’est jamais atteinte et se traduit par une mauvaise image de soi-même et un sentiment de vide. Des études menées par Olivardia et d’autres en 2000 ont également révélé que 29 pour cent des hommes souffrants de troubles dysmorphiques avaient des antécédents de troubles anxieux et 59 pour cent souffraient d’une autre forme de trouble de l’humeur.

Traitement de la bigorexie

Au moment de la rédaction, aucune étude systématique n’a été réalisée pour comparer l’efficacité d’un traitement par rapport à un autre, individuellement ou en combinaison. Un problème particulier avec cette maladie est que, comme pour les anorexiques, les hommes se voient rarement comme ayant un problème et sont peu susceptibles de se présenter pour demander de l’aide et un traitement. La maladie elle-même se développe en partie comme une réponse à des sentiments de dépression et de manque d’estime de soi, de sorte que se manifester pour un traitement est admettre la défaite.

Lorsque les hommes ont réussi à faire le premier pas et ont été diagnostiqués une combinaison de techniques éducatives et psychothérapeutiques à montrer des résultats prometteurs. Les techniques cognitivo-comportementales mettent l’accent sur l’identification et la modification des modes de pensée afin que e sujet ait des objectifs plus réalistes et réalisables. Ces approches pourraient bien éclairer les futurs traitements, mais des études plus systématiques sont nécessaires.

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