Graisse brune, beige et blanche

La graisse est une structure anatomique constituée de masses d’adipocytes. Elle se décline sous diverses variantes, suivant les rôles joués, mais aussi en fonction de la répartition corporelle. Selon cette dernière, on distingue la graisse sous-cutanée située juste sous la peau et la graisse viscérale, qui enveloppe les viscères abdominaux au plus profond du corps. D’un point de vue fonctionnel, on distingue plutôt les graisses brunes, blanches et beiges (plus récemment découverte), chacune avec des rôles et des modes d’activation particuliers. Que faut-il savoir à propos de chaque type de graisse, et quelles sont les mesures à prendre pour éviter le surpoids et l’obésité ?

La graisse blanche, c’est quoi?

La graisse blanche est la plus connue. Elle constitue en fait une forme de stockage des calories en excès provenant de l’alimentation, et qui sont conservées sous forme d’adipocytes. C’est une réserve énergétique, qui n’est pas supposée perdurer indéfiniment dans l’organisme. Au contraire, les calories stockées le sont normalement dans l’optique d’être dégradées en présence de dioxygène, pour produire de l’énergie ultérieurement, en cas d’activité physique intense et/ou de jeûne prolongé.

Les adipocytes blancs, qui représentent normalement 15 à 20% du poids d’un adulte non obèse, agissent aussi comme des isolants thermiques. Ces cellules sécrètent parallèlement la leptine, une hormone qui intervient dans la régulation de la sensation de satiété. En somme, la graisse blanche joue donc un rôle de tampon pour maintenir au chaud, engranger de l’énergie et la restituer si besoin.

La pratique régulière d’une activité sportive associée à une alimentation saine permet de garantir l’équilibre entre anabolisme (stockage de graisse) et catabolisme (lipolyse, dégradation des adipocytes). L’organisme est ainsi en mesure de construire des réserves nutritionnelles suffisantes tout en évitant l’accumulation de graisse blanche en excès (un facteur de surpoids et d’obésité). Malheureusement, pour plusieurs raisons le plus souvent intriquées, de nombreuses personnes ont du mal à maintenir cette homéostasie, s’exposant de fait à diverses pathologies.

Accumulation de graisse blanche : quelles conséquences pour l’organisme ?

Du fait d’une alimentation inadéquate et (le plus souvent) excessivement riche en calories, et en l’absence d’une activité physique régulière et suffisamment intense, l’équilibre entre le catabolisme et l’anabolisme est rompu. La graisse blanche a alors tendance à s’accumuler en excès. Les adipocytes blancs, déjà normalement présents sous la peau (dans le tissu celluleux sous-cutané plus précisément), y atteignent des seuils critiques. À des stades avancés, on assiste aussi à un dépôt de graisse au niveau des viscères.

S’installe alors progressivement le surpoids, défini par un indice de masse corporelle ou IMC (poids en Kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres) supérieur ou égal à 25. Le surpoids peut évoluer vers l’obésité (IMC supérieur ou égal à 30 Kg/m²), qui peut être légère, modérée ou morbide. Vous trouverez plus d’information et un outil de calcul en ligne ici.

Selon l’OMS, le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risques majeurs pour des maladies chroniques comme le diabète de type 2. Ainsi que des pathologies cardiovasculaires parmi lesquelles :

  • les accidents vasculaires cérébraux,
  • les syndromes coronariens aigus, dont le plus connu reste l’infarctus du myocarde,
  • les maladies thromboemboliques veineuses notamment la thrombose veineuse profonde des membres inférieurs et l’embolie pulmonaire,
  • l’hypertension artérielle,
  • les troubles du rythme cardiaque.

Le surpoids et l’obésité prédisposent également à d’autres affections inflammatoires comme les cancers. Plus récemment, l’obésité a même été identifiée comme une comorbidité pouvant aggraver le pronostic vital dans certaines affections comme la COVID-19.

D’après de récentes estimations mondiales de l’OMS, plus de 1,9 milliards d’adultes étaient en surpoids (soit près de 13% de la population mondiale) et plus de 650 millions d’entre eux étaient obèses en 2016. C’est dire l’ampleur que prend ce problème de santé publique, et l’urgence d’une révision complète de notre style de vie (l’alimentation en l’occurrence) !

Graisse brune et graisse beige : des alternatives efficaces pour lutter contre l’obésité ?

Il est possible de lutter contre l’obésité en limitant l’accumulation de graisse blanche. Cela pourrait se faire par l’adoption de mesures diététiques strictes. Il faut notamment prioriser les repas à faible valeur énergétique, et éviter à contrario les mets trop sucrés et trop gras. Les régimes amaigrissants complets ont prouvé leur efficacité, mais pour une efficience totale, il est préférable qu’ils soient instaurés et suivis par un diététicien.

Toutefois, de nouvelles pistes de lutte contre l’obésité incluant des types particuliers d’adipocytes présents dans l’organisme ont émergé ces dernières années. Ce nouvel atout n’est rien d’autre que la graisse brune que les chercheurs indiquent comme étant constituée de cellules de plus petit diamètre, stockant également l’énergie sous forme de lipides.

Seulement, à la différence de la graisse blanche, les adipocytes bruns ont la capacité d’oxyder les lipides, et d’utiliser plus rapidement les calories pour produire de la chaleur. Les adipocytes bruns sont également en mesure de réduire le taux de glucose circulant, et jouent donc un rôle dans la prévention du diabète.

Il est possible d’optimiser le taux de graisse brune en favorisant une atmosphère fraîche ou froide, mais aussi en pratiquant régulièrement du sport. En effet, il a été démontré qu’une heure d’activité sportive permet de produire de l’irisine, une hormone qui transforme la graisse blanche en graisse brune.

Les cellules adipeuses blanches qui adoptent le comportement des cellules brunes sont appelées adipocytes beiges. Ces nouvelles cellules adipeuses situées dans des poches à l’intérieur des tissus de graisse ont été découvertes en 2015, par le laboratoire Kajimura. La graisse beige protège de l’obésité et de ses conséquences en transformant l’excès de graisse blanche en brûlant les calories en excès dans l’organisme pour produire de la chaleur. La thermogenèse est obtenue par l’action combinée de la protéine découplante 1 (UCP1) et de la protéine SERCA2b. Les chercheurs sont à pied d’œuvre pour trouver des moyens d’optimiser les taux de graisse beige circulante, et l’activation de la graisse brune par des procédés pharmacologiques. En attendant, l’activité physique, le froid et une bonne hygiène alimentaire restent vos meilleurs alliés contre le surpoids et l’obésité !

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