Protéines d’insectes – Une alternative à la consommation de protéines animales

Les insectes sont une source de protéines abandonnée par une frange de l’humanité après les domestications successives des cultures puis des animaux, intervenues respectivement au néolithique et 10 000 ans avant notre ère. Composante protéique du régime paléo de nos ancêtres des premiers âges, les insectes continuent d’être consommés sur les continents asiatique, africain et en Amérique du Sud. La FAO (nourriture et agriculture des nations) tout en encourageant l’élevage de ces petites bestioles, évaluait en 2013 dans un rapport sur la question de l’entomophagie à 2,5 milliards de personnes la proportion de consommation de façon quasi quotidienne. Les insectes seraient, selon les professionnels de la nutrition, une alternative de qualité pour une nutrition soutenable de l’humanité grandissante. Le développement d’une filière autour des petits animaux se heurte donc à des considérations culturelles qui se muent en lois. Une meilleure communication sur les propriétés de l’entomophagie donnerait à tous les moyens de décision et de protection aussi contre les éventuels dangers associés à la pratique.

 

Les insectes pour un meilleur droit à l’alimentation

Les insectes sont des bestioles qui prolifèrent sans soins particuliers sous toutes les latitudes contrairement aux animaux du gros et petit élevage qui constituent l’essentiel des sources de protéines animales dans le monde. Malgré les formes intensives et extensives que revêtent ces élevages d’une aire géographique à l’autre, ils ont du mal à satisfaire une demande toujours croissante. Au vu des perspectives de la croissance démographique mondiale qui devrait atteindre 9 milliards d’habitants à l’horizon 2050, la question des ressources nutritionnelles soulève des inquiétudes. La malnutrition touchant déjà une personne sur trois, une telle croissance démographique de l’ordre de près de 30 % placerait potentiellement l’humanité entière dans une situation d’insécurité alimentaire.

L’homme devra donc abandonner ses habitudes de production et de consommation alimentaires actuelles pour d’autres, plus diligentes et équitables. La durée de vie de quelques jours des insectes, et leur endémisme qui les fait se retrouver partout donnent une réponse à cette question de sécurité alimentaire.

 

La législation en la matière

On ne peut consommer partout ce que l’on veut. Des lois empreintes des cultures locales régissent tant l’accès que les conditions de consommation des ressources nutritives dans toutes les régions du globe. En France, la consommation et la vente d’insectes se heurtent à la directive de l’Union européenne Novel Food (CE) n° 258/97 sur les nouveaux aliments. Ce règlement stipule que toute denrée alimentaire dont la consommation humaine est restée négligeable dans le territoire de l’Union européenne avant la date du 15 mai 1997 est définie comme « nouvel aliment » et doit à ce titre faire l’objet d’une procédure d’évaluation européenne avant d’être proposé sur le marché.

À cette législation para étatique s’ajoutent celles locales, des communes et régions qui sont soit plus favorables, soit plus restrictives.

Malgré l’intérêt nutritionnel de ces bestioles et la prolifération de l’offre sur internet, le cadre juridique est pour l’heure un obstacle à la pratique en France. Des réflexions se poursuivent sur la question dans les instances de décision. Invitée par l’Assemblée nationale à se prononcer sur la question, l’ANSES s’est montrée défavorable à une autorisation généralisée en raison d’un manque d’informations scientifiques. L’ANSES a reconnu tout de même que « les insectes vivants et transformés peuvent être considérés comme des réservoirs et/ou des vecteurs potentiels d’agents biologiques (et de leurs toxines), chimiques et physiques susceptibles d’affecter la santé de l’homme et de l’animal lors d’une consommation directe ou indirecte via l’alimentation des animaux de rente ».

 

Pouvoir nutritionnel des insectes

Sur le plan nutritionnel, la forte teneur en protéines des insectes est reconnue par presque tous. Cette teneur varie d’une espèce à l’autre et se situe entre 45 et 75 % du poids sec de l’animal. La majorité des insectes contiendraient les 9 acides aminés essentiels et pourraient couvrir 100 % de nos besoins journaliers en certains nutriments.

Les insectes sont d’ailleurs autant riches en acides gras oméga 3 qu’en acide oméga 6, alors que nos habitudes actuelles nous gavent plus d’acides gras oméga 6. La teneur en acide gras oméga 3 serait proche de celle du poisson, pour certains des insectes.

On évalue la richesse en protéines de 100 gr de fourmis à 14 gr, et entre 13 et 36 pour 100 gr de coléoptères, 14 à 28 gr de protéines pour les coléoptères et sauterelles.

 

L’empreinte écologique

Le caractère écologique de la consommation d’insectes est indéniable. La culture d’insectes requiert contrairement aux bétails traditionnels jusqu’à 50 voire 90 % moins de terre pour la production d’un kilogramme d’aliments. La production de 500 gr de poulet nécessite jusqu’à 500 fois plus d’eau que la production de 500 gr de grillon par exemple. Aussi, la production d’un kilogramme de viande de bœuf nécessite la mobilisation de quatre fois plus d’aliments de fourrage que la production d’un kilogramme d’insectes.

 

La prudence

Malgré l’intérêt que présentent les insectes, nous ne pouvons que nous associer à l’ANSES pour leur consommation et celle des barres d’insectes. Les conditions de production de ces sources de protéine sont un réel sujet de préoccupation. Nous ne saurons que trop vous conseiller de poursuivre vos recherches en utilisant des sources crédibles et suivre l’actualité pour mieux vous instruire sur la question.

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