Thé de Taiwan – Histoire et régions productrices

Les portugais, qui découvrirent l’ile de Taiwan en 1590, lui donnèrent le nom d’ «Ihla formosa» (la belle), c’est pourquoi les thés taiwanais ont longtemps été appelés, et le sont parfois encore, thés Formose. Découvrez, dans cet article, l’histoire du thé de cet ile et son industrie, mondialement connue pour son thé Oolong.

Les débuts de la production du thé à Taiwan (Dynastie Qing :1796-1895)

La première mention de thé Taiwanais nous provient de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui découvrit en 1645 que des théiers sauvages poussaient dans la région montagneuse au centre de l’ile. Cependant les deux variétés indigènes, le Thé Taiwanais de Montagne et le Thé Rouge Sauvage, dont la saveur est amère et léger, n’avaient pas grande valeur économique et étaient peu utilisées.

En 1662, les Néerlandais furent expulsés de Taiwan et, en 1683, l’ile passa sous contrôle Chinois, devenant une préfecture de la dynastie Qing. Durant cette période, différentes variétés de thé furent importées de Fujian et cultivées dans le nord de Taïwan. Ces thés étaient principalement cultivés pour la consommation des travailleurs chinois sur l’ile et pour le commerce avec la Chine.

Les thés cultivés à Taiwan ne furent connus par le reste du monde qu’au milieu des années 1860. En effet, la Chine avait imposé d’importantes restrictions sur le commerce international mais, à cause de la première guerre d’opium (1839 -42), elle dut ouvrir certains de ses ports au commerces international, dont les ports Taiwanais de Danshui and Kaoshiung en 1860.

Cette situation permit à John Dodd, un marchand britannique, qui se rendit sur l’ile en 1865 pour observer l’industrie de camphre, de découvrir le thé taiwanais et il décida d’en exporter aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. La saveur des thés Oolong formose conquit les acquéreurs New Yorkais et le thé taïwanais devint mondialement célèbre, attirant d’autres exportateurs à Taïwan.

C’est ainsi que débuta la prospérité de l’industrie du thé de Taïwan et son rôle majeur dans l’industrie de l’ile. Les exportations de thés passèrent de 82,000 kilos en 1865 à plus de 7 million de kilos en 1885. A la fin du 19eme siècle, le thé était devenu la principale exportation de Taiwan.

 

Période coloniale Japonaise et rétrocession

Durant la première guerre sino-japonaise (1894 – avril 1895), entre la dynastie Qing la Chine et le Japon Meiji, le Japon occupa les Îles Penghu de la côte ouest de Taïwan, coupant Taïwan du Continent. En conséquence de cette occupation, la Chine fut forcée de céder le contrôle de Taïwan au Japon.

Les Japonais augmentèrent la production de thé noir, tout maintenant les exportations de thé Oolong (thé Wulong ou encore thé bleu-vert) et de thé Baozhong. Les marchés principaux pour le thé noir de Taïwan étaient alors la Russie et la Turquie. Les japonais développèrent également les jardins de thé taïwanais et encouragèrent la culture de variétés locales, dont Qingxin Oolong (oolong au coeur vert), Qingxin Damo, Daye Oolong (feuille grande oolong), Ying Zhi Hongxin (« durement arrêté au coeur rouge »).

En 1926, les japonais introduire la variété Assam à Taïwan et expérimentèrent avec sa culture dans la Commune Yuchih. Les résultats furent fructueux donnèrent naissance au thé de spécialité maintenant renommé, le thé du Lac Sun Moon. Ils créèrent enfin un institut de recherches du thé afin de promouvoir la culture et la production de thé noir.

A la fin de la seconde guerre mondiale, les chinois chassèrent les japonais de l’ile et débutèrent la production de thé vert pour son exportation vers les pays du Maghreb. En 1965 le Japon devint lui aussi un acquéreur de thés taiwanais.

Au cours des années 70, dû à la concurrence avec les thés Chinois et à l’autosuffisance du marché Japonais, Taiwan décida de promouvoir la consommation locale de thé afin d’écouler ses stocks. La production de Taiwan se tourna alors quasi exclusivement vers la culture du thé Wulong, très apprécié dans l’archipel et se focalisa sur la qualité des thés.

L’industrie du thé taiwanais aujourd’hui

Aujourd’hui, en termes de thé noir, seule reste la production du lac Sun Moon, sur la côte Est. La production de thé vert a, elle aussi, quasiment disparue, bien que certaines imitations bas de gamme de grands thé verts chinois existent encore.  L’ile se focalise donc quasi exclusivement sur la production de thés Oolong (thés Wulong ou encore thés bleu-vert). Une production qui est reconnue comme étant l’une des meilleures au monde et qui représente près de 20% de la production mondiale de ce type de thé.

La quasi-totalité de la production de l’ile est consommée localement (près de 82%) et pour répondre à la demande du marché intérieur devenue significative, le pays importe trois fois plus qu’il n’exporte. A tel point que certains hommes d’affaire investissent désormais dans la production au Vietnam, en Thaïlande et en Chine en vue d’importer ensuite les récoltes.

Outre le fait que les Taiwanais soient devenus de grands consommateurs de la boisson, ces significatives importations peuvent être expliquées par le fait que l’ile est un relativement petit pays producteur, seulement 17 000 tonnes de thé sont cultivées par an. Les conditions climatiques et géologiques ne permettent pas une production à grande échelle.

L’industrie du thé de Taiwan est basée sur de multiples petits producteurs, environs 30 000, dont la plupart sont des jardins familiaux de 2-8 personnes. De plus, bien que les thés Taiwanais puissent généralement être cueillis quatre fois par an (45-60 jours entre deux cueillettes), certains jardins en haute montagne, telles ceux produisant le thé Oolong Da Yu Lin, ne permettent pas plus de deux récoltes par an.

 

Les différentes régions productrices de thé à Taiwan

L’ile de Taiwan jouit de conditions extrêmement favorables à la culture du théier : plusieurs massifs montagneux dont les cimes dépassent les 2000 mètres, une température qui descend rarement sous les 13 degrés et une pluviométrie idéale. Ces conditions permettent à l’ile de produire approximativement 17 500 tonnes de thé par an.

Cependant la culture du thé dans l’archipel n’est répartie égalitairement. Dû à l’histoire de la culture du théier dans l’ile et aux typhons et autres tempêtes provenant de l’océan, certaines régions produisent plus thés et des thés de meilleure qualité. La chaine de montagne Zhong Yang, au centre de l’ile, sert en effet de barrage naturel contre intempéries et les jardins de thé sont donc principalement concentrés dans l’ouest de l’archipel. Les meilleurs crus cependant proviennent du nord et des versant ouest des plus hautes montagnes du centre de l’ile : Ali Shan, Shan Lin Xi et Li Shan, qui, à 2460 mètres, abrite l’un des jardins les plus élevés du monde.

District de Nantou

Situé au centre de Taiwan, le District de Nantou est la première région productrice de thé de l’ile. C’est la région pionnière de la culture du thé, la première plantation date du xix siècle, et environ 11 000 tonnes y sont cultivées par an, soit plus de la moitié de la production nationale. Bien que la majeure partie de la production du district de Nantou soit de qualité moyenne, les thés cultivés sur certains célèbres monts sont de qualité exceptionnelle.

Le célèbre mont Dong Ding, situé, tout près de Lugu, est une montagne entièrement recouverte de plantations, environ 4 000 à 5 000 producteurs y cultivent le thé à une élévation de 400-800 mètres. Le Mont Dong Ding est une destination prisée par les consommateurs taiwanais qui y achètent leur thé et profitent d’un festival durant lequel les producteurs font déguster leurs nouvelles récoltes et où il est possible d’apprendre les rudiments du Gong Fu Cha (L’art chinois du thé tel qu’il est pratiqué à Taïwan)
Le mont Shan Lin Xi, quant à lui, abrite de nombreuses plantations dont certaines culminent à 1650 mètres. Cette montagne taiwanaise est réputée pour sa beauté et connait un fort développement depuis une vingtaine années. Les meilleurs jardins du Mont Shan Lin Xi sont situés sur les versants très escarpés de la montagne.

Le district de Nantou est également une zone de culture des thés noirs. En effet, c’est aussi dans cette région que se trouvent les fameuses plantations de Sun Moon Lake.

District de Taipei

Au nord de l’ile se trouve le district de Taipei, deuxième plus importante région productrice de thé. Bien qu’initialement la majorité des jardins de thé aient été localisés autour de la capital Taipei, aujourd’hui c’est plus près de la ville de Pinglin et des monts Mucha que les meilleures récoltes sont produites. Pinglin, dans le massif montagneux de Wen Shan, située à 30 minutes de Taipei, est un village très populaire et nombreux sont les Taiwanais qui s’y rendent pour effectuer leurs provisions de thé.

Les thés du Mont Mucha, subissent une cuisson intensive de plusieurs jours, ce qui leur confère  des notes de torréfaction unique. Ces thés sont cependant moins appréciés des Taiwanais et la production risque de disparaitre.

District de Hsinchu

Au nord-ouest de Taiwan, le District de Hsinchu est essentiellement composé de plaines. Les plantations de thés ne dépassent généralement pas les 200 mètres d’élévation. C’est dans ce district de Taiwan que l’on trouve les principaux représentants des thés Oolong noirs. Ces thés subissent une oxydation d’environ 40-60%, ce qui confère aux feuilles une apparence plus foncée et à l’infusion une belle couleur cuivrée. De fameux thés, tels que le Bai Hao et les Oolong Fancy y sont produits.

District de Chiayi

Le district de Chiayi représente un peu moins de 10% de la production totale du pays. La culture du thé y est relativement récente, depuis une vingtaine d’années seulement. Aujourd’hui le district est réputé pour sa production de Gao Shan Cha, c’est-à-dire de ‘thé de hautes montagnes’. Gao Shan Cha est un terme utilisé pour nommer les thés cultivés à plus de 1000 mètres d’altitude. Ces thés sont très prisés car l’altitude leur confère des propriétés aromatiques et gustatives complexes et uniques.

Le district de Chiayi est la terre de l’immense massif des Ali Shan et du vertigineux mont Yu Shan. La Montagne d’Ali Shan abrite plusieurs jardins de thé, situés entre 700 et 1700 mètres produisant des thés de très grande qualité. Les plantations de thé du Mont Yu Shan quant à elles se situent à environ 1300 mètres, bien que le Mont lui-même atteigne les 3952 mètres.

District de Hualien

Ce district Taiwanais est situé sur la côte est. Zone de typhons, le district de Hualien est une relativement petite région productrice. La majorité de la production provient de jardins de thés de basse altitude bien que certains thés soient cultivés à près de 1000 mètres. On y produit des thés Wulong, des thés noirs, des thés verts et des thés aux fleurs. Depuis quelques années cette région est témoin d’une forte tendance à la production bio.

District de Taichung

C’est dans cette région, constitué du massif central de l’ile, que se trouvent les monts Li Shan et Da Yu Lin, sur lesquels sont cultivés des thés de hautes montagnes de grande qualité. Dans ce district aussi la culture du thé est relativement récente, environ 15 ans.

Le Mont Li Shan comporte plusieurs zones de production situées entre 1600 et 2650 mètres. Du fait de à la forte demande de thés, les paysans se tournent vers la culture de théiers mais le gouvernement contrôle et limite les nouvelles plantations afin d’éviter un développement excessif. La montagne de Da Yu Lin compte les jardins de thé parmi les plus hauts du monde, certains culminent à environ 2600 mètres.

 

Thé Oolong, thé Wulong, thé Bleu-Vert ou thé Formose?

Avec autant de noms il peut-etre difficile de s’y retrouver. Si vous êtes un peu perdu, consultez notre article sur les differentes familles de thé, leur classement par couleur et processus de fabrication.

 

Les bienfaits des thé Bleu-vert / Wulong / Oolong.

Les vertus de ces thés sont nombreuses, n’hésitez pas à consulter notre article sur les bienfaits des thés.

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